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Eveil à la foi, le premier pas de l'évangélisation
2. Parents, témoins de l'évangile...

"Malheur à moi si je n'annonce pas l'évangile !" disait saint Paul (1Co 9,16). Ce n'est pas une malédiction, c'est la constatation qu'un chrétien ne peut trouver son bonheur que dans sa foi, vécue en vérité. Juste avant ce constat, l'apôtre disait "Annoncer l'Évangile, ce n'est pas là mon motif d'orgueil, c'est une nécessité qui s'impose à moi". En d'autres termes, je n'ai pas le choix : y renoncer ou le négliger, ce serait être infidèle à ma mission, et j'en serais bien malheureux.
D'accord, me direz-vous, mais c'est saint Paul ! Moi, je suis le chrétien lambda... Moi aussi, et saint Paul aussi ! Qu'est-ce qui nous invite à l'aventure de l'évangélisation ? Notre baptême, et tous, du plus "lambda" au pape, nous avons reçu la même mission : l'onction que nous avons reçue a fait de nous des "Christ", participants à la triple dignité de Jésus : prêtres, prophètes et rois. Prophètes, c'est-à-dire appelés à évangéliser. Certes, chaque baptisé n'est pas appelé à exercer sa mission de la même manière, mais dans le contexte dans lequel nous vivons, dans notre famille, notre cercle d'amis, nous ferons notre malheur si nous oublions d'évangéliser.
Qui plus est, nous nous y sommes explicitement engagés en demandant le baptême pour nos enfants. Je n'oublierai jamais ce constat en forme de claque, reçue au cours d'une retraite en vue de la confirmation que j'animais : à la question "quel a été votre principal obstacle sur le chemin de la foi ?", les confirmands ont répondu presque unanimement "nos parents". C'est pourtant notre première mission : évangéliser nos enfants ! A quoi bon aller dans la rue crier à tout le monde "Jésus t'aime", faire des conférences ou manifester contre le mariage pour tous si nous oublions cette mission essentielle pour des parents chrétiens.
Passée la question du principe, sur laquelle tout le monde est d'accord, vient évidemment celle de la pratique, et là c'est moins simple. Moins que partout ailleurs, on ne peut chercher avec des enfants des itinéraires balisés. Et on comprend bien les parents pleins de bonne volonté mais découragés par l'incertitude... Même si c'est insécurisant, c'est essentiel : tout apprentissage commence par un éveil. C'est toute la raison d'être de notre site...
Dans l'éveil, la difficulté est de garder la mesure, ce qui nous conduira souvent à changer nos comportements instinctifs : nous ne parlons pas à des adultes. Nous ne cherchons pas à leur donner des leçons, à leur apprendre des concepts, à faire une catéchèse. Evangéliser les petits, c'est avant tout leur faire découvrir en douceur une manière de vivre, un compagnonnage avec Jésus, pour qu'ils en soient imprégnés, à leur rythme. Pas question de les embrigader, de leur faire peur avec un Dieu dangereux qui punit la moindre incartade, sous prétexte d'avoir la paix s'ils sont remuants.
Certains diront à quoi bon ? Ils ne réfléchissent pas, ils ne retiennent rien. Quoi de plus faux ! Evangéliser, ce n'est pas enseigner un savoir, c'est ouvrir, sensibiliser à une présence. Peu importe les savoirs qui resteront si on vit une proximité, une familiarité. Le curé d'Ars était considéré par les responsables du séminaire comme un imbécile parce qu'il ne savait rien ! Jésus lui-même s'émerveille que les tout-petits (là ce n'est pas seulement une question d'âge) avaient accès à l'intelligence du salut plus facilement que les sages, les savants, les raisonneurs. Il recommande de redevenir un enfant, pour cesser d'être des Nicodème qui savent tout et ne comprennent rien et pour trouver le chemin du royaume : évangéliser, c'est ça : aider nos enfants à rester des enfants, cultiver leur confiance avant de vouloir leur apprendre des leçons ou de leur faire la morale. Quand, dans l'évangile, les parents envoient leurs enfants à Jésus, ils ont tout compris. Au contraire des apôtres, adoptons maintenant le comportement de Jésus : il ne leur dir rien, il ne cherche pas à leur enseigner des leçons, il ne s'inquiète pas de ce qu'ils vont retenir. Il les embrasse, il leur manifeste la tendresse de Dieu. Il les bénit : bénir, c'est dire du bien, c'est valoriser. Il leur impose les mains, à la fois affirmation d'autorité bienveillante et de protection. C'est tout ce dont les enfants ont besoin. Le reste viendra, mais nous aurons contribué ainsi à préparer les chemins du Seigneur, nous aurons créé un besoin une attente, nous aurons ouvert la porte à l'évangélisation...
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