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Les miracles de Jésus (2)
Quel signe nous font les miracles de Jésus ?

Jésus ne cherche pas à nous épater ou à nous convaincre qu'il est Dieu : alors, à travers les miracles, que veut-il nous dire ? quel signe nous fait-il ?
Les miracles rapportés par les évangiles sont de plusieurs ordres et ils ont des portées et des significations différentes :
  • sur la maladie...
    Ce sont les plus nombreux : Jésus est tellement connu comme thaumaturge qu'on vient le voir de partout. Mais ces miracles ont un point de départ exigeant : la foi en Jésus, qui révèle l'amour du Père. Ainsi Jésus ne peut-il faire de miracles à Nazareth où on n'accepte pas de le reconnaître. A une époque où la maladie est considérée comme le révélateur d'un état de péché, la guérison a deux significations, même si Jésus refuse d'entrer dans cette perspective : d'une part la guérison elle-même, invitation à une conversion (car si la maladie n'est pas provoquée par le péché, notre état de pécheurs n'est pas discutable), d'autre part l'affirmation que le péché est déjà pardonné à l'avance (c'est ce que Jésus dit au paralysé). Les guérisons miraculeuses sont pour tous l'affirmation que Jésus nous invite sur ce chemin : ce sont des témoignages. C'est évidemment particulièrement le cas de la guérison de maladies réputées incurables (paralysies, lèpre). Les réanimations ont la même portée : en ressuscitant le fils d'une veuve, Jésus lui rend une existence sociale ; en ressuscitant Lazare, il pose un témoignage face à la foule.
  • sur les forces du mal...
    Il y en a de deux sortes :
    • De nombreuses maladies sont attribuées à des possessions diaboliques, à cause de leur aspect spectaculaire (l'évangile de Marc comporte une magnifique description d'épilepsie : Mc 9, 17-27). Comme les autres guérisons, elles appellent la foi et la conversion.
    • Les forces du mal se déchaînent aussi à travers la nature : par exemple la tempête apaisée. Le message est toujours le même : Jésus étend une autorité indiscutable sur la création tout entière, rien ne peut s'opposer durablement à l'amour de Dieu. Mais cette autorité vient de Dieu et elle n'est pas une prérogative exclusive de Jésus. Quand il marche sur la mer, refuge des puissances du mal, il montre qu'elles n'ont aucune prise sur lui ; mais il invite Pierre à en faire autant, et c'est ce qui se passe, mais la confiance flanche. Avec Dieu, l'homme a la même puissance que Jésus et peut vaincre le mal... s'il y croit.
  • les "multiplications des pains" et l'eau changée en vin à Cana occupent une place à part car elles aboutissent à l'effet inverse et elles ne se basent pas sur une demande ni sur la confiance préalable. Ces récits regorgent de détails symboliques qui doivent amener à privilégier la signification au détriment de l'événement : au milieu de nos pénuries humaines, Dieu apporte l'abondance et la profusion. La parabole du semeur, dans un autre domaine, ne dit pas autre chose. Peut-être que, dans la "réalité physique", il ne s'est rien passé, mais le cœur du croyant découvre un univers nouveau :
    • A Cana, ce que les convives ont bu n'était peut-être que de l'eau : il manquait sur place un chimiste pour vérifier, mais c'est sans importance. A la communion, le calice ne contient chimiquement que du vin, mais ce vin est le sang du Christ, dans une foi qui dépasse l'apparence ; la seule différence, c'est qu'à Cana, la foi n'intervenait pas encore, mais quelque chose se passe pour ceux qui entrent dans le mystère : si le maître du repas en reste à un constat d'œnologue, "ses disciples crurent en lui" : la foi est au rendez-
      vous du signe.
    • lors de la "multiplication des pains", Jésus bénit les pains et les fait distribuer ; mais peut-être la générosité du geste, qui offre à tous le peu dont on dispose a-t-il donné mauvaise conscience à des gens qui avaient mais voulaient garder pour eux ; au moyen-orient ou en Afrique, on ne se déplace jamais dans un endroit désert sans avoir un en-cas sur soi, d'autant plus qu'à l'époque du Christ les supermarchés étaient rares. La pénurie est devenue une immense "auberge espagnole", la pauvreté offerte est devenue par la grâce du don de Dieu un geste de partage où tous sont devenus acteurs et non plus consommateurs. C'est une perspective eucharistique. Alors on prend conscience qu'on en avait même trop, mais le malentendu s'installe, et cette fois-ci, la foi n'est pas au rendez-vous, même chez les apôtres que Jésus doit renvoyer : les pique-niqueurs de la Parole de Dieu voudraient devenir armée, et Jésus le refuse.
Les miracles ne sont pas des actes spectaculaires d'un homme-Dieu en mal de publicité, mais l'irruption de l'amour de Dieu qui nous transforme en profondeur... que nous en ayons bénéficié ou que nous en soyons les témoins par delà l'espace et le temps.
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