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Jésus entre dans la volonté du Père

L'évangile comporte certes des expressions ambiguës qui pourraient donner l'impression fausse que la liberté de Jésus était limitée. Par exemple, dire "il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire" (Lc 24, 26) laisse à penser que c'était une nécessité, une obligation, une condition posée par le Père. Dire que le Christ est mort en rançon pour l'humanité et que c'est son sacrifice sur la croix qui nous sauve comporte le même risque : Jésus était obligé, il n'avait pas le choix. Or c'est tout le contraire, mais notre humanité fragile et frileuse a du mal à le comprendre et à l'accepter...
  • Jésus se laisse inspirer par l'Esprit.
    Chaque fois qu'il se trouve à un tournant, il fait retraite : il se retire seul pour prier.
    > Après son baptême par Jean et la théophanie qui l'accompagne, l'Esprit le pousse au désert : le verbe employé dans l'évangile donne l'impression qu'il lui fait violence, qu'il l'oblige. Mais Jésus ne se laisse pas faire dans une passivité que son comportement dément : il s'engage vraiment parce qu'il a conscience que l'expérience qu'il vient de faire lui ouvre des perspectives qu'il ne soupçonnait pas et qui nécessitent qu'il fasse de l'ordre dans son esprit.
    > Après la "multiplication des pains", Jésus a pris la mesure du décalage entre lui et la foule ; après l'avoir renvoyée, il se retire seul pour prier : il a besoin de faire la lumière en lui pour connaître la volonté du Père et entrer dans cette perspective. Ce n'est qu'alors qu'il rejoint les apôtres qui peinent au milieu du lac dans une tempête qui souffle surtout dans leur esprit... Jésus, lui, a trouvé la paix dans la volonté du Père et il écrase la tentation : c'est le sens symbolique de la marche sur la mer.
    > Au soir du jeudi saint, c'est le tempête... Il a compris ce qu'il attend. Il sait bien que la volonté du Père n'est pas sa mort mais il a compris que c'est ce qui l'attend s'il lui reste fidèle. Après une prière qui l'a profondément secoué, il a choisi la fidélité. C'est ainsi qu'il marche avec majesté vers la mort, ce qui n'empêche pas la révolte envers ce Père dont il ne ressent plus la présence.
  • La volonté du Père, c'est la vie.
    C'est sans doute l'ultime crise de conscience du Christ qui a toujours voulu rester fidèle à cette volonté, en dépit des révoltes de sa volonté humaine. Il sait bien que le Père veut la vie et le bonheur, et c'est pour cela qu'il nous invite à demander que sa volonté se réalise. Mais pourquoi cette volonté doit-elle passer par sa mort à lui ? La prière de Jésus lui apporte lentement la paix : quand il dit "si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite", loin d'être de la résignation, c'est l'affirmation que sa volonté s'unit à celle du père dans une totale liberté. Jésus a compris que le témoignage de l'amour qu'il n'a pas cessé de donner s'effondrerait s'il n'allait pas jusqu'au bout, quoi qu'il en coûte. D'autre part, il sait que le Père ne l'a pas envoyé à la mort pour payer la rançon du péché : il est avec lui jusqu'au bout. C'est la volonté du Père de rester fidèle au Fils quand celui-ci choisit de rester fidèle au Père. C'est ainsi que l'humanité accède au bonheur et à la vie : dans le don de soi, la volonté de Dieu n'a pas reculé devant l'aveuglement des hommes. La volonté humaine de Jésus a réalisé en toute liberté la volonté du Père.
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