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Le vent et la liberté (2)
Souffle de vie, souffle de néant

Souffle de vie
Le vent est aussi souvent dans la bible "souffle de vie". Il n'est pas respiration, mais il la rend possible. Ainsi, ce qui souffle sur les eaux et les agite (Gn 1, 2) n'est ni l'Esprit de Dieu (car c'est la Parole qui sera créatrice) ni l'haleine qui donnera vie aux animaux et à l'homme3. La Bible de Jérusalem traduit "un vent de Dieu", c'est une atmosphère, une ambiance imprégnée de la vie de Dieu, qui rendra la vie possible sur la terre, c'est le dynamisme de Dieu qui prépare l'histoire du cosmos. C'est dans les visions d'Ezékiel que le vent apparaît vraiment symbole de la liberté de Dieu. Ainsi dans l'impressionnante vision qui inaugure sa mission, il voit quelque chose qu'il tente difficilement de décrire : "Je regardai : c'était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l'éclat du vermeil au milieu du feu." (Ez 1, 4) De même lors de la célébrissime vision des ossements desséchés, il appelle l'esprit qui fera revivre : "Il me dit : «Prophétise à l'esprit, prophétise, fils d'homme. Tu diras à l'esprit : ainsi parle le Seigneur Yahvé. Viens des quatre vents, esprit, souffle sur ces morts, et qu'ils vivent.» (Ez 37, 9)
Le vent "péjoratif"
Enfanter du vent, être comme le vent, courir après du vent (Mi 2, 11), se repaître de vent (Os 12, 2)... Le vent est symbole d'insaisissable, de vide, de vanité. Psaumes, Proverbes, mais aussi Job (14 fois) et surtout Qohelet (13 fois), s'apitoient sur cette fragilité et cette vanité humaines qui le font ressembler à du vent, qui souffle, inutile, et les entraîne dans son néant : "Yahvé sait les pensées de l'homme et qu'elles sont du vent". (Ps 94, 11) "Un âge va, un âge vient, mais la terre tient toujours. Le soleil se lève, le soleil se couche, il se hâte vers son lieu et c'est là qu'il se lève. Le vent part au midi, tourne au nord, il tourne, tourne et va, et sur son parcours retourne le vent. Tous les fleuves coulent vers la mer et la mer n'est pas remplie. Vers l'endroit où coulent les fleuves, c'est par là qu'ils continueront de couler." (Qo 1, 4-7) "qui a recueilli le vent à pleines mains ?" (Pr 30,4) Et le vent, dans son inexistence, n'est pas sans danger ; on risque de "semer le vent, moissonner la tempête" (Os 8, 7)... Ce vent qui échappe a l'homme peut aller jusqu'à devenir le symbole du déchaînement du mal. C'est le cas dans l'évangile, où il devient un obstacle, lors de la "tempête apaisée" ou de la "marche sur la mer" : "La barque, elle, se trouvait déjà éloignée de la terre de plusieurs stades, harcelée par les vagues, car le vent était contraire." (Mt 14, 24) "Pierre lui répondit : «Seigneur, si c'est bien toi, donne-moi l'ordre de venir à toi sur les eaux.» – «Viens», dit Jésus. Et Pierre, descendant de la barque, se mit à marcher sur les eaux et vint vers Jésus. Mais, voyant le vent, il prit peur et, commençant à couler, il s'écria : «Seigneur, sauve-moi !» Aussitôt Jésus tendit la main et le saisit, en lui disant : «Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?» Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba." (Mt 14, 28-32) "Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : «Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ?» S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : «Silence ! Tais-toi !» Et le vent tomba et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : «Pourquoi avez-vous peur ainsi ? Comment n'avez-vous pas de foi ?» Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : «Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ?» (Mc 4, 37-41)
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