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Pourquoi le mal ? (4)
Comment s'en sortir ?

Les "pourquoi" sont toujours là, toujours aussi provocants...
Si le mal n'est pas voulu par Dieu, s'il n'est pas dû à une faute de l'homme, s'il n'est pas une malédiction consécutive à un "péché originel", d'où vient-il ?
> le mal préexiste à l'homme : dans le serpent de la Genèse s'est caché quelqu'un qui veut du mal à l'humanité et à Dieu, qui s'attache à détruire l'harmonie de l'amour, et qui, comme il ne peut pas s'attaquer à la puissance et à la perfection de Dieu, se rattrappe en profitant des faiblesses et des fragilités de l'homme, pour le séparer de Dieu.
> qui est ce "quelqu'un" ? Evidemment impossible à savoir ; la théologie a pensé qu'il pouvait venir de l'univers "invisible", celui des anges, puisqu'il n'est évidemment pas une créature de notre univers. Les anges ne sont pas plus parfaits que les hommes, et ils ne sont pas le sommet de la création : ce n'est pas à eux mais aux hommes, - d'abord à un homme, Jésus - que Dieu dit "tu es mon fils, aujourd'hui je t'ai engendré" (voir la lettre aux Hébreux, He 1, 5). De là à penser que la jalousie pouvait avoir envahi l'esprit d'un ange qui ne pouvait admettre que la création "matérielle" devienne à ce point plus importante que la création "spirituelle" que Dieu lui-même fasse le projet de s'y incarner, il n'y a pas loin. Toujours est-il qu'il est admis depuis bien longtemps que des anges avaient refusé le projet de Dieu, comme indigne de lui-même et de sa dignité, et ont décidé de le protéger contre lui-même en faisant échouer ce projet.
> Mais pourquoi Dieu a-t-il admis cette révolte ? Ne pouvait-il pas simplement détruire ces anges qui s'opposaient à lui ? Ç'aurait été trop simple ! Ç'aurait été tout simplement faire leur jeu ! Ç'aurait été purement et simplement de la part de Dieu se déjuger lui-même, être infidèle à lui-même. Car sa toute-puissance a ses limites : celle de l'amour, tout simplement. Donner la vie et la liberté, c'est s'exposer au refus, c'est se rendre vulnérable. Nous en faisons souvent l'expérience avec nos propres enfants ! Refuser la révolte, c'était peut-être protéger l'humanité d'un danger, mais aussi cesser de respecter. Et Dieu, incroyable peut-être, ne cesse pas d'aimer, même celui qui s'oppose à lui. Il lui a donné la liberté, il ne se reprend pas. C'est fou d'aimer à ce point ? Oui, c'est Dieu. Après tout, nous apprécions bien la possibilité d'être pardonnés quand le péché - refus d'aimer - nous oppose à Dieu. Pourquoi refuserions-nous que Dieu puisse aimer toute la création d'un même amour ?
> C'est plus difficile de donner une colonne vertébrale et d'accepter les conflits que de protéger et de transformer en huitre. C'est ce que Dieu a choisi avec la création, c'est dans ce chemin de vie que nous sommes appelés. C'est un chemin difficile mais Dieu reste avec nous, non pas pour nous éviter les faux pas, mais pour nous aider à nous relever. C'est parce que Dieu aime que le mal existe : il est la face cachée de l'amour. Les pourquoi resteront quand nous voyons l'esprit du mal à l'œuvre, quand nous assistons au malheur innocent... Dieu ne les supprimera pas, mais il les vit avec nous et il a accepté d'en être lui-même la victime. Grâce à lui, nous croyons qu'envers et contre tout, c'est l'amour qui aura le dernier mot.
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