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Pourquoi le mal ? (1)

Un enfant qui meurt de maladie, de faim, d'accident ou sous les bombes...
Un enfant à la rue, abandonné, déchiré entre des parents séparés...
Un enfant sans sourire, sans avenir, sans espérance...

Ce serait la même chose s'il s'agissait d'adultes ! Et nous sommes incapables de comprendre ni d'expliquer. Nous enfants voient la même chose que nous à la télévision ou ailleurs. La question les touche aussi. Pourquoi le mal ?
Pourquoi mon grand-père est mort ? Pourquoi mon copain est malade ? Pourquoi... Interminable litanie...
Et Dieu dans tout ça, qu'est-ce qu'il fait s'il est bon ?
La question du mal continuera longtemps à nous tarauder, et nous n'avons pas de réponse. C'est trop facile de tout mettre sur le dos de Dieu, créateur maladroit ou sadique qui a infligé à l'homme de tels malheurs !
Pour éviter la morosité et la sinistrose et remettre notre foi en place, rappelons quelques points de repère :
  > Dieu a créé le monde pour que les hommes y vivent heureux.
Il n'a pas voulu le mal, mais il en a accepté le risque, par amour et par respect pour ce monde qu'il a voulu beau... et qui est beau, malgré ses imperfections et ses déréglements.
  > Dieu a voulu dans la création un partenaire à aimer.
Partenaire inévitablement imparfait ! Mais c'est le prix de l'amour : comment établir une relation sans différence ? Je ne passerai pas ma vie (et encore moins l'éternité) à contempler mon reflet dans un miroir. Je peux m'aimer, mais alors je cherche à voir plus loin le visage de Dieu qu'il a voulu inscrire en moi. Si la création est imparfaite, elle est comme un enfant qu'on peut chercher à faire grandir. Si nous aimons nos enfants, c'est parce que nous pouvons déceler et révéler en eux ce trésor en devenir.
  > Le mal n'est pas une malédiction et une punition pour le péché de l'homme.
Notre monde en devenir a connu bien des malheurs longtemps avant l'apparition de l'homme ! Les sages d'Israël qui ont essayé de comprendre l'origine du mal ont imaginé l'intervention d'une puissance extérieure à l'homme qui parvient à le séparer de Dieu. Alors toute la création, si belle ("Dieu vit que cela était bon", Gn 1), en aurait été irrémédiablement et définitivement salie. Ce péché des origines, héréditaire, nous collerait à l'humanité...
  > Dieu ne veut pas chercher à expliquer ou à supprimer le mal : il est venu partager notre vie et a témoigné de sa solidarité envers notre fragilité.
Il a appelé à vivre dans l'amour pour construire un monde plus fraternel, plus juste, plus habitable. Il s'est heurté au même mur que nous. Il n'a pas cherché à nier le mal, à fournir un échappatoire. Mais dans le rempart de l'intolérable, il a ouvert une brèche. Il n'a pas dit "c'est ta faute, résigne-toi, souffre en silence", il a souffert. Dieu avec nous, partageant l'imperfection de sa création pour l'inviter à le suivre dans une espérance. C'est la seule réponse, un peu insatisfaisante sans doute, de la part de Dieu, à cet irritant problème du mal...
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