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Parler du carême avec des enfants ?

Evidemment, ce n'est pas facile et il est important de ne pas en parler n'importe comment. Et notre pratique ne facilite pas les choses : nous sommes censés préparer quelque chose, mais quoi ? Or très souvent nous accumulons les efforts, et quand Pâques arrive, on décompresse et on oublie tout, et notamment ce qu'on avait préparé !
Voici donc quelques points d'attention qui vous rejoindront en plein milieu de notre marche vers Pâques.
> Le carême prépare quelque chose : ce qu'on prépare est donc plus important que la manière de le préparer. Si on soigne le carême, il faudra célébrer la fête de Pâques avec éclat et ne pas oublier qu'elle ne se limite pas à un jour : à ce sujet, vous trouverez d'autres points d'attention sur le site (fiche ressource "le temps de Pâques")
> Nous sommes constamment amenés à demander des efforts à nos enfants (range ta chambre, tiens-toi bien à l'école, lave-toi les mains,...) Si la nécessité est évidente pour nous, ils prennent souvent ça pour de la tyrannie et ne l'acceptent pas toujours facilement. Il serait désastreux que les "efforts" demandés à l'occasion du carême soient assimilés à la même "tyrannie" parentale.
> Il peut arriver que nous puissions promettre une récompense pour obtenir un travail de la part des enfants. Le carême n'est pas un "effort" consenti en vue d'une récompense. Dieu ne nous achète pas par des promesses. Il ne nous demande pas des efforts dont nous puissions nous vanter et qui nous donneraient des droits.
> Il faut nous persuader que ce n'est pas à coup de privations, de jeûnes, de dévotions, de prières, de messes, de quêtes... que nous pouvons "acheter" notre salut. Nos efforts sont inutiles pour cela : le don de Dieu est gratuit.
> Même si c'est vrai, le dire ainsi à des enfants serait bien maladroit : si c'est gratuit, j'attends que ça vienne et je n'ai pas à m'en faire. C'est oublier que la terre où Dieu sème avec abondance a besoin d'être préparée pour que le grain lève ! La vie offerte célébrée à Pâques a besoin d'une "mise en condition" : c'est le carême.
> Comment se mettre en condition ? L'évangile du mercredi des cendres est éclairant à ce sujet. Il cite trois comportements : le jeûne, le partage et la prière. avec des excès à éviter. Des comportements pas forcément naturels pour les enfants, même s'ils sont habituels en famille :
> le jeûne : longtemps (mal) compris comme une privation de nourriture, il s'oriente maintenant vers une plus grande ouverture aux autres, sans forcément de rapport avec une privation. Longtemps avant Jésus, le prophète Isaïe (Is 58,6) essayait de rappeler les esprits à l'ordre, et nombreux sont les prophètes (Jl 2,12-18) qui lui emboîtent le pas ; saint Paul aussi veut remettre les choses en ordre (Rm 14,17). Quant à Jésus (Mt 6,1-18), il répète "quand tu jeûnes, ça ne doit pas se voir". Au pharisien de la parabole, il ne reproche pas de jeûner deux fois par semaine, mais de s'en vanter ! Alors qu'est-ce que jeûner ? Avant tout une attitude intérieure, et pas des privations. A nous de chercher comment elle peut s'organiser. Evidemment la restriction de choses moins utiles (télévision, jeux vidéo,...) n'est pas sans intérêt, mais elle n'est pas le tout du jeûne. Attention aussi aux privations de nourriture : un enfant a besoin de manger, c'est vital pour sa croissance (cette forme de jeûne n'est d'ailleurs pas demandée aux enfants) ; mais il y a aussi des choses dont on peut se passer sans danger, et étant attentifs à ne pas nous contenter de nous priver uniquement de choses superflues ou inutiles...
> la prière : là aussi, il ne s'agit pas d'y passer longtemps, mais de créer une ambiance qui invite à sanctifier toute la journée : au sens propre du terme, la "rendre sainte" en la tournant vers Dieu. Un mot, une courte phrase, spontanés, au réveil, au lever, à la toilette (mais oui !), pour aider au ménage, à mettre le couvert, au repas, pour la vaisselle, la lessive, au coucher... et à toute autre occasion. Avec les parents ou dans le secret du cœur (au fond de la chambre, dit Jésus). Et pourquoi pas simplement "merci".
> le partage : c'est sans doute le plus accessible et (à cause de ça ?) le plus difficile à mettre en œuvre. Les enfants ont une conscience aiguë de la propriété personnelle : "c'est à moi, il me l'a pris", d'où d'innombrables conflits à gérer pour les parents, d'autant plus que c'est parfois de l'usurpation ! C'est l'occasion, une fois réglée la question du vrai propriétaire, de proposer "c'est à toi mais tu peux le prêter", de proposer un pacte pourquoi pas scellé par une courte prière. Partager, ce n'est pas abandonner de son surplus, c'est tout donner. S'ils sont sensibles à ce qui est à eux, les enfants sont capables d'être généreux. A nous de veiller à ce que cette générosité s'exerce bien. C'est là que c'est difficile !
Dans une dynamique bien comprise, dans une ambiance de paix et de joie, il n'y a plus de problème pour y faire entrer les enfants si nous y sommes nous-mêmes à l'aise !
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