Retour à l'accueil

[ Choisir une autre fiche ]
La Trinité : 3 x 1 = 1

Parler de Dieu "trois fois saint", surtout avec des enfants, est bien périlleux ! Tant qu'on se contente de le citer ou de l'évoquer, on ne prend pas beaucoup de risques. Et pourtant chaque signe de croix peut devenir source de questions embarrassantes. Nous ne prétendons pas donner la clé du mystère, mais proposer des points de repère.

> Le Fils : c'est de lui qu'il est le plus facile de parler, car il s'est donné visage d'homme en Jésus. Nous connaissons sa vie, son histoire, mais nous avons facilement tendance à les réduire à des images d'Epinal et à gommer certaines paroles ou certains actes difficiles à comprendre : ainsi des "malédictions" adressées aux pharisiens ou l'attente d'un feu pour embraser le monde et l'instauration de la division... Par contre on aurait tendance à insister sur sa Passion et sur ses souffrances, alors que les évangiles sont d'une grande sobriété à ce sujet : s'ils parlent abondamment des procès, ils n'évoquent le chemin de croix et la mort de Jésus qu'en quelques versets.
De plus, réduire le personnage du Fils à sa manifestation sur terre affaiblit aussi la réalité de Dieu, mais on touche à la théologie et plus à l'éveil : néanmoins, on peut préparer un terrain qui découvrira, même longtemps après, que le Fils de Dieu n'est pas "que" l'homme Jésus. Et nous avons aussi des idées fausses sur l'incarnation qu'il vaudrait mieux ne pas transmettre à nos enfants :
- Le Père a envoyé son Fils dans le monde pour sauver l'humanité du péché
- Le Père a exigé les souffrances et le sacrifice du Fils en rançon pour l'humanité
L'Incarnation est rédemptrice mais ce n'est pas sa motivation première : la venue du Fils dans la création fait partie du projet de Dieu, qui aime l'humanité telle qu'elle est, du même amour infini.

> Le Père : la paternité se rattache à une réalité humaine que nous connaissons. Il n'est pourtant pas simple de parler de Dieu Père, d'autant plus que beaucoup d'enfants ont eu une expérience difficile de la paternité et des parcours familiaux parfois chaotiques. Je pense à cette chanson de Cécile et Jean-Noël Klinguer : "Mon père à moi m'a laissé tomber, mon père à moi il n'existe pas". Dire à un enfant qui a connu cette situation que Dieu est Père nécessite délicatesse, finesse et habileté pour éviter des réactions de rejet logiques et compréhensibles. Mais la paternité de Dieu se démarque largement des paternités humaines à cause de la profonde unité entre le Père et le Fils, que Jésus évoque à la suite d'une question de l'apôtre Philippe (Jn 14, 8-9) :
Philippe lui dit: "Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit." Jésus lui dit: "Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m'as pas reconnu! Celui qui m'a vu a vu le Père. Pourquoi dis-tu: Montre-nous le Père?
(c'est nous qui soulignons)
Autrement dit ne cherchons pas le Père dans des paternités humaines : Jésus est visage du Père. C'est un jeune père de famille qui tient son enfant par la main, qui souffre de la voir tomber mais qui respecte sa liberté.
Notre site propose diverses méditations sur la paternité de Dieu.

> Il est encore plus difficile de parler de l'Esprit Saint ! Entre adultes, nous sommes déjà embarrassés, c'est bien pire s'il s'agit de parler aux enfants. Surtout, évitons les définitions théologiques ! Nous pouvons évoquer le Saint Esprit à partir de son action, qui se manifeste par des symboles et par ses dons.
Le plus habituel, ce sont les deux symboles du vent et du feu. Ils évoquent quelque chose qui existe indiscutablement, dont on peut voir les effets, mais qu'on ne peut pas saisir et encore moins s'approprier :
- le vent, c'est de l'air en mouvement, il produit sur nous divers effets suivant sa force : caresse agréable de la brise ou tempête qui renverse tout, l'Esprit Saint peut être aussi bien symbole de douceur que bouleversement.
- le feu est aussi bien ce qui donne de la lumière et de la chaleur - flamme chaude, vivante et fragile de notre foi symbolisée par le cierge du baptême - que l'incendie qui détruit tout. Il ne cherche pas à nous détruire, mais à nous purifier de nos scories.
Les dons de l'Esprit font partie de notre vie courante. Ils sont, d'après l'apôtre Paul, le signe de son action : il est là chaque fois que se rencontrent paix, joie, amour, bonté, bienveillance, maîtrise de soi, douceur, patience (voir la lettre aux Galates, 5, 18-25)
Mais si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes plus soumis à la loi.
On les connaît, les œuvres de la chair: libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions, envie, beuveries, ripailles et autres choses semblables; leurs auteurs, je vous en préviens, comme je l'ai déjà dit, n'hériteront pas du Royaume de Dieu.
Mais voici le fruit de l'Esprit: amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi; contre de telles choses, il n'y a pas de loi.
Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi sous l'impulsion de l'Esprit.

Il est aussi l'Esprit de sagesse et de force, l'Esprit aux sept dons évoqué par Isaïe et appelé sur nous au baptême et à la confirmation, celui qui nous guide et nous éclaire dans les choix de la vie, qui nous donne force et courage, comme aux apôtres quittant le cercle de la peur et de la mort pour l'aventure de la résurrection et de la vie (voir à ce sujet une méditation accessible dans le Coin des amis) !
> remonter