Retour à l'accueil

[ Choisir une autre fiche ]
Prier avec le corps

La prière des adultes tend à devenir très intellectuelle. A cela s'ajoute une méfiance vis-à-vis du corps que nous considérons comme la source de tous les maux : "l'esprit est ardent mais la chair est faible..."
Cette méfiance n'a pas de raison d'être. Nous sommes créés à l'image de Dieu, avec notre corps et notre esprit qui constituent une parfaite unité. Et la sexualité n'exprime rien d'autre que cet engagement complet de la personne dans une relation avec l'autre. Pour engager cette relation avec Dieu qu'est la prière, nous pouvons de même engager toute notre personne.
Les enfants n'ont pas la même pudeur. Ils associent volontiers leur corps à leurs jeux et sont même capables de s'y donner sans retenue. Il ne s'agit pas de leur faire faire n'importe quoi dans le cadre de la prière mais d'associer des postures et des gestes aux paroles. Et nous pouvons en tenir compte pour notre propre prière...

Quelques exemples d'attitudes :
> se tenir debout : elle inspire le respect de la parole qu'on écoute tout en témoignant de la dignité de celui qui écoute, dans un face-à-face d'égaux. Elle nous dit que Dieu nous prend au sérieux, qu'il nous attend en marche.
> assis : attitude d'écoute attentive et familière, celle de deux amis qui discutent ; malheureusement les bancs ou les chaises de nos églises sont plutôt inconfortables.
La position "assis - à genoux" (sur un banc de prière) exprime la même chose, mais elle n'est pas familière aux enfants qui ont besoin d'expérimenter et de s'habituer ; le fait de ne pas s'adosser favorise la mobilisation du dos et l'écoute attentive, en évitant de s'effondrer.
> à genoux : pas naturellement familière aux enfants, elle exprime l'humilité de celui qui se reconnaît pécheur. Sans s'imposer, elle peut aussi être une attitude pour l'adoration ou pour l'oraison, ce qui est sans doute prématuré pour des enfants. Elle ne convient pas, faut-il le répéter, pour la messe, et surtout pas pour de petits enfants ! La messe est une action de grâce d'enfants qui chantent la louange du Père ; nous n'y sommes ni pour nous dire pécheurs (ce qu'on y fait en général quand même, et un peu trop) ni pour l'adoration, qui est une prière personnelle. Même les moments solennels de la prière eucharistique ne sont pas des moments d'adoration personnelle, mais la prière d'un peuple en marche vers son Dieu. Il n'y a pas très longtemps que nos églises ont des agenouilloirs et c'est une spécialité catholique : et pourtant le concile de Nicée (d'où nous vient notre profession de foi) interdisait de se mettre à genoux le dimanche, par respect pour un Dieu qui nous regarde comme des enfants, et qui nous veut debout et en marche !
Des gestes :
> le signe de croix : vous trouverez des indications sur notre site...
> la génuflexion : geste classique de respect, qui ne dit rien aux enfants ; ils ont le temps d'apprendre à la faire.
> l'inclination : plus ou moins profonde, elle est un geste de salutation et de respect ; elle peut s'accompagner d'un ample signe de croix (belle pratique habituelle des orthodoxes : je m'habille de la croix)
> étendre les mains : geste de prière très ancien, ouvrir ses mains c'est aussi symboliquement ouvrir son cœur.
> lever les mains : geste de joie, voire d'exultation, dont il reste un témoin discret et immobile dans le dialogue introductif de la préface de la messe.
> poser les mains sur la tête : beau geste de bénédiction, particulièrement recommandé aux parents qui prient avec leurs enfants et veulent les bénir ; bénir, c'est littéralement "dire du bien", pourquoi serait-ce réservé aux prêtres ?
> taper dans les mains : et pourquoi pas, même dans une église ? Pour rythmer ou pour applaudir, c'est un geste attesté pour exprimer la joie dans la Bible et l'histoire de l'Eglise primitive. Mais nous devenons des frileux et des timorés, qui craignent les colères de Dieu et ne veulent pas s'en faire remarquer en bougeant et en faisant du bruit : ça fait profane et pas sérieux...

Il ne manque pas de gestes par lesquels nous pouvons exprimer notre prière avec notre corps. N'hésitons pas à en inventer, voire même d'en apprendre de la candeur innocente de nos enfants. Si vous ne redevenez pas comme des enfants...

> remonter